Quelques travaux de l’atelier

Je fréquente depuis quelques années, deux soirs par semaine, un atelier de dessin, dans lequel le professeur me pousse à travailler autrement. Exit la BD et l’illustration, place à l’expérimentation ! Ces dessins-ci sont une sélection de mes travaux depuis le mois de septembre 2018 et ils ont été tous fait au graphite et à la gomme.

Désolée pour la piètre qualité des photos : les dessins sont des grands formats, réalisés dans un atelier, le soir… pas les meilleures conditions pour de beaux clichés.

Index de Silence Criant

Voici rassemblées, dans ce tableau, toutes les planches qui composent le second chapitre Silence criant, de ma BD le Verbe noir.

Que caches-tu à l’intérieur ?

Encrage terminé aujourd’hui ! Plusieurs heures de boulot, à l’encre de chine, sur feuille A4.

Une paire de ciseaux éventre une poupée… illustration pour le troisième chapitre de Le verbe noir !

Des détails :

Le verbe noir – chapitre 3

J’ai débuté depuis quelques jours le chapitre 3 de ma BD, le Verbe Noir. Une partie du story board est fait, l’illustration pour ce chapitre se trouve au brouillon. Il s’agit du travail que je vous présente ci-dessous. La jeune adolescente qui se trouve bien embêtée sur l’image apparait à la fin du chapitre 2…

Grrouh grroouh ! Vilain Chibi ! 2

Voilà que je retombe, en cliquant de lien en lien, sur Chibi Maker, une application en flash qui permet de créer des personnages tout mignons  en modifiant couleurs  (cheveux, yeux, peau…), vêtements et accessoires… Par pur narcissisme, je me suis amusée à me mettre en scène, faisant le pendant à la caricature obtenue il y a plusieurs années, j’avais alors des cheveux très courts.

Le verbe noir, chapitre2

Deux planches extraites du second chapitre de ma BD Le verbe noir. Je poursuis mes élucubrations cauchemardesques, je teste de nouvelles plumes pour encrer, je recommence jusqu’à l’effet souhaité. Oui, je travaille toujours de manière traditionnelle.

Alita : Battle Angel, premières images

Repoussé au mois de février pour sa sortie mondiale, Alita : Battle Angel — titre américain du manga de Yukito Kishiro, Gunnm — voit des petites séquences dévoilées en salles pour les gagnants de tirages au sort sur les réseaux sociaux.

D’environ une demi-heure, la séance à laquelle j’ai assisté au Kinepolis de Bruxelles ne dissimule pas son but commercial aux dignes ambassadeurs que nous serons. Il a été rappelé à plusieurs reprises de publier ses impressions en ligne avec le hashtag dédié.

Deux petits cadeaux par personne (un porte-clé en métal et une planche d’autocollants translucides dont les motifs, une main et des entrelacs, évoquent celle de Fatima, avec des slogans qui s’adressent surtout à des adolescents) nous ont été offerts. Une rapide séance photo avec maquillage pour imiter l’ange de la mort (ou l’une des demoiselles issues d’une pub de déo ) devant une immense affiche, ainsi que de quoi se restaurer (frites, burger, champagne et/ou jus d’orange) après le visionnage complétaient le tout afin de nous amadouer.

Alita : Battle Angel est réalisé par Robert Rodriguez et coproduit par lui-même et James Cameron, qui lui a fourni le scénario. Ce dernier n’en est pas à sa première adaptation des péripéties de la jeune Alita, puisque Gunnm lui a inspiré sa série TV Dark Angel.

La projection, en relief, se découpait en trois parties : échange de bouquets fleuris entre James Cameroun et Robert Rodriguez, la seconde bande annonce, et enfin, diverses scènes du film, en vostfr et nl, introduites par des cartons pour les contextualiser.

Les extraits présentaient le réveil d’Alita (Gally, dans le manga) et la découverte de son corps, de son univers ; un baiser avec Hugo, le Motorball de rue, Ido chassant la nuit, une séquence de Motorball dans l’arène, le Panzer Kunst, un vaisseau martien en dehors d’Iron City, le sauvetage d’un chien, la récupération du corps de Berserker…

Après cette mise en bouche filmique, impossible de juger de la qualité du scénario : la quête initiatique semble présente, mais quid du rapport corps-esprit ? Le côté crépusculaire et cyberpunk s’avère évacué : adieu poussière, rouilles, détritus, souillures, maladie, foules au visage bigarrées. Les corps des cyborgs, même des opposants à Alita, rutilent. Kuzutestu, ville-décharge, bâtie sur les résidus balancés depuis Zalem, la cité flottante, devient Iron City, à l’ambiance lumineuse. Le Motorball, sport violent et ultra rapide, se déroule sans un éclaboussement de sang et de cervelle digne de ce nom. Enfin, le fluide vital qui s’écoule d’Alita est bleu.

Christopher Watlz, dans le rôle d’Ido, semble impeccable dans son jeu. Lui ajouter un peu plus de cheveux reprenant le graphisme du manga aurait ajouté de la saveur à la silhouette du personnage. Il perd le symbole sur son front, pourtant « marque des médecins » dans cette ville. Gonzu est remplacé par une assistante au bras cybernétique. Koyomi, le bébé, ne semble pas présent. Le design de plusieurs personnages est adapté. Alita trouve elle-même le corps de Berserker dans un vaisseau martien. Néanmoins, la mention de Nova laisse espérer son apparition.

La mise en relief agréable permet de jouir des détails de la mécanique des carcasses cybernétiques. Une véritable dentelle tout en pleins et vides. Les immenses yeux d’Alita ne choquent pas sur grand écran et on en vient à regretter que tous les visages des cyborgs ne soient pas traités dans ce style. Par contre, certaines scènes d’action utilise un désagréable ralenti (sans le son horripilant, ouf) invitant à l’admiration… Alita : Battle Angel appartient à ces longs métrages qui brouillent la frontière entre les acteurs de chair et les avatars numériques, un film d’animation où chaque acteur devient un animateur.

Les dialogues présents dans les extraits ont apporté plusieurs informations que l’on retrouve tout au long de l’œuvre de Kishiro. Les noms des personnages et des lieux ont été presque tous modifiés, mais cela n’empêche en rien de suivre l’histoire. Dans les différences notables, les « bornes » et leur humour douteux semblent avoir disparu. Makaku ne possède même plus son attirail punk. Adieux les drogues, élément prépondérant pour la population pourvu de prothèses. Effacés aussi les implants visibles, les piercings, tatouages et autres ratages de ce monde décadent. D’où vient cette manie de passer à la javel des récits pour les adapter soi-disant à un grand public ?

Alita : Battle Angel risque de demeurer un divertissement de luxe, à la technique aboutie, mais le cul entre deux chaises, sans un parti pris fort, hormis l’esthétique des yeux de l’héroïne. Pourtant les années 80/90 nous ont offert de magnifiques films à l’ambiance étouffante et cyberpunk. Pour n’en citer que quelque uns : Crash de David Cronenberg, Tetsuo de Shinya Tsukamoto, Nirvana de Gabriele Salvatores, Dark City d’ Alex Proyas…

Alita : Battle Angel semble être un long métrage qui évacue la (re)naissance et la quête d’un être au cœur de la décrépitude et du désespoir pour se concentrer sur la découverte du monde et de l’identité d’un personnage né adolescent. Les quelques minutes dévoilées ne peuvent en dire plus sur le contenu réel du film et je ne peux que conseiller d’y aller, ne serait-ce que pour admirer le travail fourni sur grand écran, car cela ne saurait être visible sur un téléviseur ou un écran de smartphone.